CECI

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6 février 2007

Voulez-vous savoir à quoi je pense, ou cela vous est égal ? Je suis un de ces spécimens que vous ne pouvez approcher, et je vous donne l'occasion d'entrer en moi. Rien de clinquant, c'est à peu près tout ce dont vous vous attendez à lire à propos d'un adolescent et tout l'inverse aussi; c'est beau, c'est pervers, c'est tout ce qui vous plait, et peu à peu je vais vous oublier jusqu'à ce que vous vous sentiez complètement dans votre confortable rôle de voyeur.

Je fonctionne d'une certaine manière.

Et je suis un échantillon.

Je suis donc représentatif de cette partie de vous, humanité.





09 février 2007

Moi.

Je ne suis pas mystérieux. Je suis commun, d'un cliché d'adolescent. Mais aussi tout ce qu'un adolescent ne devrait pas être, particulier, très.

Je suis cet adolescent que vous voyez descendre vos rues et que vous considérez comme révolté, insolent, impatient, très très con et parfois tellement quelconque; mais me trompe-je ou malgré ça quelque chose vous dérange profondément en moi ? Ma jeunesse ?

Allons, soyez plus original. Je vous laisse le temps de la lecture pour trouver ce qui ne va pas en moi. Vous savez (et vous allez le constater) je n'ai pas toujours ce ton sarcastique et insupportable.



Impatients, c'est d'une logique "les-bras-m'en-tombent": nous sommes ces nouveau-nés mourant à l'idée que notre jeunesse finisse un jour ; et succombant parfois.

Oui nous sommes désespérés, n'ayons pas peur des mots.

Les résignés nous commandent d'être adulte ; ils le veulent beaucoup, eux qui ont tout perdu, qui ne savent plus, ne nous comprennent plus; eux qui ont oubliés d'être émerveillé, je veux parler de ces phénomènes les adultes. Ces résignés-là nous glacent avec leur vérité ; ils nous demandent de faire des choix. Nous sommes simplement ces enfants que vous commandez d'être adulte.

Fut une époque où nous ne faisions pas encore la distinction entre le bonheur et le malheur, le bien et le mal, le mensonge et la vérité, où nous vivions sans cesse à la recherche de rien et acceptions tout ; nous demeurions heureux sans le vouloir précisément parce qu'on ne définissait pas le bonheur. Puis tu viens, Toi l'adulte, toi qui désires un bonheur que tu sais inaccessible, qui demeureras malheureux pour tout le reste de ta vie. Inévitablement.

Vous les résignés nous forcez à distinguer le bien du mal, nous apprenez ce qu'est la Vérité selon vous, et nous délaissez dans un monde où nous serons pour toujours malheureux, piégés dans un typhon de convenances, de lois, de vies schématisées, d'emplois du temps, de programmes. Parce que les résignés ont peur de ce qui n'est pas programmé ; ils font des listes, des tableaux. Et des calendriers.

Cette terre des adultes que l'on nous dit promise...

Il n'y pousse même pas du cannabis.



10 février 2007

La France et l'Angleterre sont deux soeurs qui, s'aimant profondément d'un amour mêlé de compétition, s'entre-élève au rang des pays les plus attractifs au monde.




12 février 2007

J'ai surpris l'institutrice en train de ... forniquer, je pense, serait le terme qui conviendrait à cette âme littéraire; de forniquer, de contrainte, avec Mr le Proviseur. Je me suis engagé, pour la première fois, avec talent, et durant un court instant, dans le rôle de voyeur.
Elle était chose du nom de viande, elle m'a brisé le c½ur.
Il a été la laideur personnifiée, de chair et de bave.
Ce fut sale, court et d'un commun sans nom. Elle s'est refaite vaguement, d'un geste mort; lui a grogné, repus et répugnant puis s'en est allé.
Ce qu'il a dit, avant de la quitter, a fini par me tuer:
"A la semaine prochaine."

Pourquoi cette femme m'obsède-t-elle tant ?
Elle est vraiment d'un quelconque sublime.





13 février 2007

Du cristal qui craque; des os fins et glacés qui se brisent sous mon poids. Les arbres se complaisent dans le mutisme ambiant; timidement quelques feuilles se froissent, claquent les unes contre les autres et se répondent dans leurs échos; le vent murmure un silence épais. Tout est blanc; la neige a épuré l'air, le sol et les bruits. Les couleurs et les odeurs sont lavées. S'émane de cet autre monde la douleur d'un ange déchu.



17 février 2007

Nous étions dans le salon l'autre soir, ma mère mon père ma petite s½ur et moi. Une émission très conne est passée à la télé ; le genre d'humour à la vidéo gag ; une séquence attire mon attention, il s'agit d'une spéciale « animaux ». Ils montrent alors une famille de chimpanzé : l'enfant chimpanzé fait une pirouette et se rétame ; la mère chimpanzé semble alors faire la moue, et le père se marre en mettant une de ses pattes avant sur son front, du style « Quel con ce gosse ! ». Là mon père souffle, ébahis: "C'est dingue comme ils ont des mimiques humaines parfois, ces singes!..." ; et ma mère, qui acquiesce.

Il ne leur a donc pas une seule fois traversé l'esprit que ce pouvait être nous, qui avions des mimiques de singe.



19 février 2007

Mes parents se heurtent et se bercent à la fois entre l'illusion de vieillir ensemble et le secours d'un divorce. Mais ils n'oseront jamais agir. Ils ont peur.

Et moi partir, changer, j'en ai très peur aussi. Ces 15 dernières années d'immobilité, passée dans ce village avec les mêmes personnes m'ont littéralement enterré. Partir ou changer, ce serait comme crever le ciel : quelque chose de grandiose, mais qui coupe le souffle comme une angoisse. Pourtant quelque chose me terrorise bien plus encore : ne pas partir, ne pas changer. Je m'étouffe dans cette terre que sont ces villageois, cette famille, ces amis ; cette terre que je suis, moi.



Un rayon transperce des vagues de poussières blanches aux reflets scintillants; tout glisse et donne le vertige; toutes ces volutes de coton aux contours d'argent se mêlent les unes aux autres et s'entraînent dans les ivresses du ciel.



Jérémy répète sans cesse qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ; il porte tellement cette devise à l'extrême, qu'il en fait un devoir stupide, déroutant pour nous tous : il pense une chose un jour, une autre le lendemain, se forçant à respecter le fait que lui, n'est pas un imbécile. Il préfère se faire traiter d'opportuniste.

Hier je lui ai dit que son problème est qu'il assimile "changer" à "évoluer". Il a hoché la tête, visiblement d'accord. Aujourd'hui, il ne l'était plus.



24 février 2007

J'ai le constant sentiment de vivre dans l'ombre des autres. Je suis atteint du même syndrome que Cocteau : le doute resserre ses mains métalliques et glacées sur mon âme, et si je me jugeais, mes critiques seraient plus féroces que celles de mes ennemis. Ce journal n'a pas vraiment de but précis, mais s'il pouvait m'ôter le doute parfois; je le veux rester anonyme. C'est un cahier.

Je hais les autres, très souvent : mais sans Eux que serai-je ? Un dieu l'a écrit avant moi « On peut tout acquérir dans la solitude, hormis du caractère. » Voilà donc une raison de plus de baiser leurs pieds : sans Eux, comment aurai-je pu développer ma névrose à ce point ?

Je crois pour ma part n'exister que dans leurs regards; puis nous sommes cultivés par rapport à Eux; alors comment se passer d'Eux?

Ils sont des substances nécessaires à notre évolution (même s'ils sont souvent des substances nuisibles)... Eux.

Je me résigne et j'affirme : les autres nous font évoluer et nous faisons évoluer les autres, comme un amas de neige qui dévale une pente et entraîne d'autre amas avec lui. Attendez... n'allons-nous pas nous crasher ?

Tout cela confirme bien que c'est en nous complaisant dans notre intelligence que nous fonçons droit dans le mur. Si nous étions restés à la nature, serions-nous là aujourd'hui à parler atome ?

Nous sommes une erreur, l'humain est une erreur.

Réciproquement n'oublions pas que l'erreur est humaine.



26 février 2007

Une sensation qui persiste: on reste bien peu dans le coeur d' "Eux"; rien de plus délébile que le souvenir d'une personne. Et les gens en qui l'on croit, que l'on pensait connaître et auxquels on pensait pouvoir se livrer vont et disparaissent aussi facilement que l'écume se fait entraînée par les vagues; le temps, nous les enlève, ce connard.


28 février 2007

Je mourrai de toujours fantasmer ma vie. Rien ne se passe jamais comme prévu, et les déceptions s'accumulent.



1er mars 2007

STENDHAL

Une foule de chêne en feu

Un ciel d'argent,

Partout des contours éblouissants!

Couronnent son minois chiffonné;

Souveraine, chagrine;

C'est la cristallisation!



De brûlantes comètes ornent ses pupilles

(Partout des contours éblouissants...)

Tout est bouleversé, tout tremble;

Divine, chagrine

C'est la cristallisation !



J'ai heurté Jane, Jane m'a heurté. Nous sommes dans la même classe depuis six mois maintenant et il a fallu que l'on se rentre dedans pour enfin se voir. Tous les deux transparents, forcément ça nous a fait drôle de se rencontrer entre humains de la même espèce. La jeune fille, ses yeux clairs de nouveau-né, sa morphologie d'enfant abandonné, ses allures juvéniles, et ses airs douloureux m'ont paralysé; je ne peux plus penser à ce que je veux désormais. Forcément je n'ai pas pu m'empêcher de rester avec elle; et forcément comme elle ne cessait pas de se taire je n'ai pas cesser de parler (ou peut-être était-ce le contraire); son mutisme a déréglé quelque chose en moi, et pas seulement mon débit de paroles. Elle a finit par me dire qu'elle est de nature "inaperçue". C'est une bonne élève, une fille sans problèmes, au teint pâle, aux cheveux ternes et aux yeux d'un vert qui se noie dans le gris. Un visage androgyne, sublime. Demain, j'achète un brise-glace.



"Le regard, qui voudrait toucher, capturer emmener le corps qu'il regarde et l'âme avec lui" (Nom de pays: le nom Marcel P)



4 mars 2007

Mon esprit fleurit comme un beau coquelicot rouge-sang: plus il fleurit, plus il saigne.

Et puis merde, je l'aime.



10 mars 2007

"Les jeunes s'abattent à coups de dépression". C'est ce que des gens disent. Et ces gens-là nous font passer pour une génération d'emmerdeur. Mais tout ça n'est pas notre faute : avons-nous choisis de naître ? Tournons-nous donc vers ceux qui ont choisis de nous mettre au monde : je pointe du doigt l'ancienne génération; voilà la coupable : tout est à refaire dans ce triste monde qu'elle nous lègue, et à propos duquel elle répète à tout va que "c'était mieux avant" ; comment voulez-vous que la dépression ne soit pas le nouveau fléau de notre jeunesse ? Le sida, la pollution, le terrorisme- que n'ont-ils pas inventé pour nous ? Nos parents nous ont condamnés je crois, toutes races confondues.



11 mars 2007

68

Trois jeunesses se dressent sur leurs quilles fragiles et mordillent le bord de la falaise; le bord du billot. Ils dansent et chantent des danses et des chants d'autrefois; il ne parlent que d'autrefois; car maintenant est ennuyant et que plus tard n'existe pas: ils ont si souvent entendu dire que le monde et ses passions étaient de longs suicides; tant entendu l'écho des anciens répéter que c'était mieux, meilleur plus beau plus grand plus libre avant, qu'ils se soûlent de ces époques révolues en priant Dieu d'exister; qu'ils s'enivrent de l'impossible rêve d'appartenir à un passé, un temps mort dont les vestiges ne subsistent presque plus dans l'esprit de ceux qui l'ont usé.



12 mars 2007
L'institutrice obsédante.
Elle m'a interrogé, confrontation. Je me suis levé, j'ai pris la craie, et j'ai parlé un langage inutile.
"-C'est satisfaisant.
-Pardon ?
Elle a répété:
-Ce plan est satisfaisant."
En retournant m'assoir, par l'étroit espace séparant le tableau de son bureau, je suis passé juste derrière elle, je l'ai presque eu tout contre moi; je ne l'ai pas effleuré, j'aurais pu, je ne l'ai pas touché. Je l'ai eu par l'odeur, et le souffle qu'elle a pu sentir en fissures sur sa nuque.
Peut-être.


14 mars 2007

« Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination » (sacré Marcel)



16 mars 2007

Faculté de se souvenir, engrenage qui se raccorde au millimètre près, j'adore les atrocités et le bonheur que tu fais revivre en moi. J'ai revu une personne que j'avais perdu de vue depuis tellement longtemps; longtemps, et lorsque je l'ai revu elle m'a propulsé à l'époque où je la fréquentais, c'était extra, une machine à remonter de le temps. Cette personne que j'aurais pu oublié couvait en moi, et la revoir a fait ressurgir tout le décor qui l'entourait à cette époque où je la connaissais et le voyais tous les jours; elle a été pour ma vue ce que la saveur de la madeleine imbibée de thé fut pour le nez du Héros-auteur. Tout aurait été tellement beau si seulement le décor seul m'était revenu; mais moi-même je me suis revenu. Je suis redevenu celui que j'étais, j'ai soudainement retrouvé l'état d'esprit qui me caractérisait à l'époque, je me suis rappelé, et c'était atroce. Atroce.

On ne se pardonne pas facilement ce que l'on a été à un moment ou à un autre de notre vie.



17 mars 2007

Ecrire ceci, c'est un peu comme brandir mon nombril obscène et insolent à la face du monde. A supposer que quelqu'un lise un jour ceci.



21 mars 2007

Je suis l'aile immobile ; l'aile dans la tempête. Je vis de passages à vide et de passages à tabac, jamais dans le tiède ; c'est usant. Toujours penser, prévoir, angoisser, accomplir, lister pour ne pas oublier, pour ne pas angoisser à l'idée d'oublier. Puis l'ennui, le silence, l'inertie.

Je suis les deux extrêmes, je ne connais pas le centre. Le monde entier s'arrange pour que je ne connaisse pas le centre, ce qu'on appelle sérénité. Le chaos ou l'apesanteur ; et je m'abîme d'être moi. Usé, usé, usé. Des cycles : léthargie entrecoupée de cyclones.

Borderline en somme.



24 mars 2007
Elle m'a dit "il doit bien exister un calcul qui nous permettrait de prévoir notre mort, autre que notre consommation de gras, de tabac ou d'alcool. Non ? Tu ne crois pas ?
La vie est pleine de mort, toujours nous mourrons un peu; par là tout n'est qu'une affaire de balistique. Considère que nous sommes nos propres balles.
Déjà à la naissance, nous sommes de toutes sortes de taille, de toutes sortes de résistance. Et déjà notre mort est programmée, déjà nous commençons à mourir. Ce sont les obstacles, qui nous freinent, nous pauvres balles que nous sommes, consommant la vie à toute vitesse, projetés pour toujours, pensons-nous, à l'infini. Mais plus nous traversons le temps plus nous ralentissons, et un jour ou l'autre c'est l'arrêt pur et simple de tout espoir et de toute conscience. C'est notre mort.
Tu me croirais Jules si je te disais que j'étais ton tout dernier obstacle ? Celui qui va t'arrêter net dans ton élan ?
-Alors comme ça je n'aurais qu'un pauvre gabarit de bouchon de tir à blanc ?"
Cette réplique a pu mettre fin à la conversation.



26 mars 2007

Voici ce que je vis cette nuit dans le monde de Morphée et comment je le vis :

Ca commence, le monde vit devant moi sans que j'y prenne part; je suis une espèce de caméra, comme si ces images étaient un reportage et que les limites d'écran de la télévision n'existaient pas. Défile devant moi toute une tribu d'aborigènes, restés à un état particulièrement sauvage. Dans ma tête une voix qui n'est pas la mienne, monocorde; une voix de journaliste : « Ces aborigènes sont les derniers de leur tribus, et ils comptent bien la protéger de toutes les agressions extérieures, notamment du capitalisme. Malgré tout, plusieurs d'entre eux ont déjà commencé à construire une civilisation semblable à la notre. L'un d'eux a accepté de discuter avec nous : - Oui, il est vrai que les anciens nous accusent beaucoup de construire ces ruches humaines, (traduit une autre voix pendant qu'un aborigène parle à la caméra) mais nous avons besoin de notre intimité, nous souffronsde pudeur désormais, le temps est venu pour nous de ne plus nous comporter comme des animaux ! » A la fin de cette dernière phrase, les journalistes montrent à l'image lesdites constructions. Puis, sans raison aucune, un changement de plan : une aborigène « traîne » son bébé : elle tire un long drap sur lequel l'enfant est allongé ; il ne parait d'ailleurs nullement perturbé. Jusqu'au moment où le bébé glisse dans une flaque suite à un cahot ; la mère ne s'en rend pas compte, et continue d'avancer; je ne fais pas partie du décor, je me contente de voir. A ce moment surgit un petit chimpanzé. Il tire le nourrisson hors de l'eau en agrippant sa jambe, et contre toute attente, le sodomise.

A cet instant je me réveille. Mon c½ur est proprement déchaîné ; mon souffle, incontrôlable ; tout mon corps est contracté d'horreur. J'ai mis une heure à me rendormir.

A votre avis, que voulais-je me dire ?



27 mars 2007

"Grand, mince, d'une authentique jeunesse, Jules avait pourtant l'allure morte et semblait pareil à un pantin sans fils"..."cette fougue qui anime de coutume l'esprit des adolescents chez lui parfois désespérément absente"... "il prenait jamais rarement parti"... "Personne, d'ailleurs, ne lui demandait son avis ou ses conseils, et de cette façon il n'eût jamais à écouter les états d'âmes des autres"... "il écoutait ce qui n'était pas perceptible"

"Tout cela allait changer... Tu vis dans l'ombre des autres."

-Tout cela va changer, hein Jules ?

Je veux être agité par elle : comme ces rares cauchemars qui surgissent au milieu d'une nuit qui, grâce à eux, ne devient plus inutile.



28 mars 2007

Il est un son qui m'est plus insupportable que tous les sons du monde; un son venu de l'horreur mnésique ; je ne supporte plus d'entendre les gens siffler, de près ou de loin, parce que dans les deux cas, cela me rappelle mon père m'appelant à revenir à la source (l'heure de rentrer à la maison) ou me réveillant (l'heure d'aller à cette institution horrible, l'école, parent de l'hôpital et de la prison).



01 avril 2007

Parfois, comme à un aveugle à qui l'on rend la vue je me pétrifie sur place, complètement terrifié, je réalise que tout ce matériel autour de moi, ces êtres qui marchent et qui tombent, ne ressemblent à rien, ne riment à rien et ne servent à rien !

Il me faut me raccrocher aux choses banales et habituelles, cette lueur terrifiante disparaît temporairement, aussi rapidement qu'elle est apparue, aussi furtive qu'une angoisse. C'est peut-être encore ça le remède à toutes les terreurs : se noyer dans la répétition. Le quotidien. Dormir.

L'ennui nous fait fuir dans un monde que nous pourrons toujours supporter, le pays du Jamais.

Réflexion faite je suis peut-être condamné à ne vivre que dans l'imaginaire ; mes tentatives d'épouser mes angoisses pour mieux les éteindre me semblent être vaines, terriblement vaines.

Je suis usé avant l'heure, et je ne sais plus ce que je veux.




3 avril 2007

Balzac dit:
« Comment un jeune homme naturellement avide d'émotions renoncerait-il aux attraits d'une vie aussi riche d'oppositions et qui lui donne les plaisirs de la guerre en temps de paix ? »

Contrairement à ce que pourraient penser les autres en me voyant agir désormais mon problème est que je suis bien plus conscient que ne l'a jamais été aucun adolescent. Si je m'éreinte dans tous les excès possibles et accessibles, cela reste dans l'unique but de tuer un peu le désespoir que cette conscience me cause, durant un peu de temps, même si certains pensent que je le nourris. Le désespoir d'en savoir trop: le désespoir de devoir être adulte, d'être de plein fouet dans cette humanité; la maladie incurable qu'est vieillir.

Nous entendons forcément un jour ou l'autre les séniles dire d'un accent piteux et défaillant: "Je m'en souviens comme si c'était hier." Ma douleur à moi est une idée qui surgit au beau milieu de mes fantasmes concernant ma vie future, vie rêvée et espérée, et qui les dévore en un rien de temps: "Je serai vieux demain."

J'espère, j'espère. J'espère ne jamais être ivre de l'ivresse.



5 avril 2007

L'amour est ma seule consolation, puisque les délices qu'il apporte autant que ses souffrances me distraient de mon mal-être. Je le réalise aujourd'hui, je ne suis pas fait pour l'amour qui joint deux âmes s½urs; mon amour à moi s'épanoui dans des ruines; il est né dans un conflit; il grandit dans des désaccords et des différences; ma rencontre avec Jane est la rencontre d'un aveugle et d'un paralytique : nos contraires se contredisent si bien qu'ils s'assemblent et se complètent parfaitement. C'est un amour qui vit et qui agite tout autour de lui; il est cabossé et porte des fissures délicates et tremblantes; c'est un amour effronté et impudique qui jette son c½ur saignant à la face des amours lisses.

« Oh my lady héroïne» ... Tu es ma propre Jane Birkin.




6 avril 2007

Civilisation

Anges de fer aux doigts gelés de rouille qui dévorent le flanc des collines de mon enfance; machine de guerre; métal infernal; ces cents murs de béton que tu as élevé dans mon ciel azur détruisent les vestiges de ma mémoire.




7 avril 2007

Ces deux pôles situés l'un à l'extrémité de l'autre et qui me composent sont en vérité l'un pour l'autre un antidote. Ma peur de mourir me permet de vivre pleinement, et ma peur de vivre se console dans l'idée d'une mort. De là j'ai trop besoin de ces deux angoisses; ce sont mes deux antidotes.


Bien que ces angoisses ne s'annulent pas entre elles; elles reviennent, toujours.



11 avril 2007

Cours de cinéma. Un ingénieur du son fort sympathique nous rend visite. Le professeur sépare la classe en trois: un groupe sur le terrain, en ville; un avec lui, en cours; et un en cours particulier avec l'ingénieur du son. Aujourd'hui nous sommes allés avec l'ingénieur du son.

Il s'appelle Jérôme. Si son attitude dégageait une espèce de malaise le jour où nous l'avons rencontré pour la première fois, il a l'air de se sentir beaucoup mieux à présent que nous sommes réduits au tiers de la classe; nous sommes une dizaine, et l'ambiance est plus qu'agréable, malgré l'absence de Jane et celle de Pierre. Jérôme nous fait parler dans différents micros, tour à tour. Il nous explique tout d'une manière plaisante; l'ennui ne vient pas nous troubler une fois durant cette heure. Puis la cloche sonne, c'est la récré et tout le monde sort ou presque, deux filles et moi décidons de rester avec Jérôme. Nous discutons, dans la même ambiance sereine et taquine. Il demande à chacun de nous pourquoi nous avons choisi l'option cinéma; moi je lui réponds que "Je ne sais pas, tiens! D'ailleurs qu'est-ce que je fous là ?" Cela le fait doucement rire: je préfère qu'il rit de ça que de la raison pour laquelle j'ai choisis cinéma. Puis je rebondis sur sa question :"Et vous ? Pourquoi faites-vous ingénieur du son ?"; il fait la moue, semble réfléchir; je sais déjà la réponse et j'enchaîne: "Vous vouliez être musicien mais vous n'aviez pas de talent ?" Très surpris, il laisse passer deux secondes de silence, et éclate de rire, désarçonné par ma franchise. Je ris aussi; et nous savons tous deux que nous rions d'un malheur; si cet homme n'est pas devenu musicien, je ne pense pas que ce soit parce qu'il n'avait pas de talent, même s'il dit le contraire peu après, souriant: "C'est vrai que j'ai quelques casseroles niveau musique": encore une fois ne serait-ce pas le jeu des circonstances qui l'ont enfermé dans cette vie qu'il avait rêvé différente, ces putain de circonstances que certains appellent hasard et d'autres destinée ?



12 avril 2007

J'aimerais beaucoup visiter le château du Marquis de Sade à Lacoste.



15 avril 2007

La déception ou Rien: il faut choisir. Ou comment le dilemme prend forme par un trop plein d'ambition mêlé à la peur d'en attendre trop.



16 avril 2007

Je délaisse volontiers la tiédeur aux gens qui économisent, ces gens qui vieillissent et acceptent de vieillir.

Je veux le brûlant et la glace, tout dévorer en dépit de mes craintes.



19 avril 2007

Rester constamment dans le même environnement tend à freiner notre évolution, oui. Demeurer dans une même commune et par conséquent demeurer avec les mêmes personnes durant des années use notre esprit aux mêmes endroits-oui ; il faut varier les visions et les débats, comme nous nous efforçons de mêler notre sang à celui des autres en évitant d'engendrer des descendances consanguines, oui. L'inverse, bien sûr, serait se limiter, et se limiter reste la pire chose que l'on puisse endurer dans une vie.

Que je pourrais endurer.



21 avril 2007

Ce soir naissant, mes yeux se sont vidés durant quelques dizaines de minutes ; la tête ballante, le dos courbé, j'attendais que la nuit tombe pour rentrer chez moi. Il fait déjà très doux, de partout, très tard le soir en ce mois d'avril. Pierre est venu près de moi et m'a réveillé. Il m'a regardé un instant, m'a sourit et m'a dit :

« -Jules, tu t'assombris... L'ombre t'attaque la face, littéralement.

-Je vais très bien.

-Tu ne cesses de froncer les sourcils... Il faut t'arrêter de réfléchir aux choses tristes.

-Moi, je vais très bien.

-C'est la classe, ton jean. A ton image, déchiré; oh, seigneur ravagé, donnez-moi la réplique. On te retrouvera bientôt dans un ravin, tu verras, défroqué, les yeux hors des orbites.

-Ce n'est pas moi qui vais mal.

-Qui donc ?

-Jane.

-Parce que si elle allait bien tu ne serais pas assis là, comme un pantin désossé à bouder le goudron ? Hé bien voulez-vous boire une bière, cher ami, Ô triste sir de ce royaume ? »



22 avril 2007

Jane a des absences et des regards douloureux qui déteignent ; ils deviennent indélébiles, et sur son visage et sur le mien. Pourtant parfois une lumière vacillante semble doucement éclairer ses yeux comme un espoir ; j'ai en même temps l'impression qu'elle s'enfonce dans des sables qui vont l'étouffer ; plus elle s'enfonce, plus la lumière brille. Lorsqu'elle s'enterre dans le silence, je m'y enterre aussi.

Elle semble m'aimer de plus en plus, elle me le dit, me le répète, et je pressens quelque chose d'insupportable. Heureusement je crois qu'elle ne me ment pas.

Une fois, alors qu'elle regardait encore le sol comme s'il n'était que du vide, elle a poussé un cri et des flots de larmes l'ont submergé ; elle semblait se noyer, péniblement ; elle s'est alors accroché à moi. Et que suis-je moi pour la vider d'une telle obscurité ?



J'ai peur de ne jamais parvenir à la comprendre.



26 avril 2007

Je vois qu'on peut être sûr de nos échecs, pas de nos succès.



28 avril 2007

« Il était une fois une sorciere qui vivai dans une cabane dans la forêt elle était méchante est tout se qui paser par là elle lé transformé en abre de la forêt. Un meusieur pasa par là est il était très fatigué il s'assi un einstan quan soudain la sorciere sorti de sa cabane est elle disa : « toi qui ve pas partir je te transforme en arbre de la forêt » est-puis sa pas marcher la sorcier disa : "C'est pas possible Que-il se passe" le meusieur était un sorcier alors le sorcier disa : ou-eu de faire vous ferer mieu de servir à boir. »

Voilà. C'était La sorciere du bois. Ma toute première ½uvre, écrite à 5 ans (et largement inspiré des frères Grimm, je suppose.)



02 mai 2007

Jane me fatigue ; elle a pris mon monde et le secoue depuis dans tous les sens, le brutalise et refuse de me le rendre. Je ne sais plus si c'est elle qui ne me le rend pas ou si c'est moi qui ne veux pas le reprendre. Souvent je lui dis « Je ne veux plus te voir », je le lui crie et soudain j'ai tellement peur... J'ai si peur qu'elle parte et c'est tellement insoutenable que je me précipite vers elle, la prend et l'étouffe dans mes bras pour qu'elle ne fasse pas un mouvement vers la porte, qu'elle n'ait pas le temps de réfléchir à ce que je viens de dire.

Jane me fatigue, elle use mes pensées parce que je ne pense qu'à elle. Mais ce serait mentir que de dire que je ne veux pas qu'elle m'épuise jusqu'à la mort.

Jane me fatigue, et les angoisses de Jane la fatigue.

Et je l'aime.



03 mai 2007

Je ne serai jamais à la hauteur.



07 mai 2007

Vers mes dix ans, j'avais une ambition peu commune qui consistait à tout savoir des pourquoi de la pédophilie et l'inceste. Mais je ne suis jamais allé réclamer un livre traitant de ce sujet à ma mère, ni à quiconque d'ailleurs, qui aurait pu soulager ma soif de connaissance. La honte de pas m'intéresser à ce qui passionnait les autres me freinait. Encore aujourd'hui je cherche à comprendre les "déviés"; sans avoir le droit, sous peine de me faire lyncher, d'être l'avocat du diable.



12 mai 2007


Une de mes grandes fascinations et obsessions est de voir du sang sur mon visage. Lorsque je me coupe un doigt, je m'empresse d'aller devant un miroir, de passer le doigt ensanglanté sur mes lèvres, mon nez, mon front, et d'admirer la larme rouge faire son chemin sinueux sur mon visage; je la regarde passer dans le creux de mon ½il, dans le renfoncement de ma narine, tomber du haut de ma lèvre supérieure, ou choir de mon menton. Lorsque que je me fends l'arcade, je suis en extase devant le spectacle que m'offre l'hémoglobine; les lettres, le dessin qu'elle trace alors sur ma peau blanche est la plus belle des ½uvres d'art- Je suis normal.

Puis j'applique un pansement sur ma blessure, et le garde le plus longtemps possible. Je l'observe plonger et déplonger d'entre mes doigts comme un navire d'entre les vagues, ou décorer mon arcade, fier et usé.

C'est un spectacle que Jane adore aussi ; son sang est encore plus beau que le mien.



15 mai 2007

Capucinades à la con !



16 mai 2007

A mon âge, le désespoir est à craindre.



18 mai 2007

Aujourd'hui nous avons pris le même bus. L'un à côté de l'autre nous avons partagé les écouteurs de mon balladeur et voyagé librement dans la musique. Tout au long du trajet, le soleil a fermé les beaux yeux clairs de Jane, m'épargnant afin que je puisse la contempler sans qu'elle n'en sache rien. Le regard usé par son éclat, je fus au bout d'un quart d'heure repus de sa beauté; je fermai les yeux; alors elle reparut dans mes songes, et je la réinventai; ses yeux prenait des teintes violettes; ses cheveux se noyaient dans la couleur grise de certaines perles; ses lèvres bleutaient, tremblantes et pleurantes. Lorsque je rouvris les paupières, elle me regardait. Je la trouvai encore plus belle.



20 mai 2007

Absence d'une amoureuse.

Guettant ton absence je vois partout tes couleurs; les gens, les rues, les fenêtres, le ciel, le bruit des pas, les voix, les odeurs: tout a quelque chose de toi. Tu es partout comme dieu sur la terre; chaque chose me ramène à toi.

Puis tu me téléphones et me dis que tu ne pourras pas venir.

Soudain ce lieu n'a plus rien de toi.



22 mai 2007 (ou 24 février: suite)

Un monde sans destruction, sans haine, sans morale stupide sans guerre sans pudeur sans argent ne laisserait pas de place à l'Amour. Sans toutes ces entraves à nos sentiments, l'Amour tel que nous le connaissons ne pourrait pas exister.

Alors ménageons notre connerie humaine, ou ce que l'on a fait de mieux disparaîtra.




24 mai 2007

O combien les meubles, les murs et tout ce qui compose une pièce change de figure lorsqu'une personne que l'on hait ou que l'on aime est parti de cette pièce, est revenu. Cette pièce que l'on habite depuis tant d'années nous paraît être comme ces chambres d'hôtels que l'on occupe pour une seule nuit: hostile.



25 mai 2007

Jane est devenu mon avenir, car je suis amoureux d'elle. Elle a la faculté de me guérir de tout et c'est à ce jour mon plus puissant anésthésiant.

Jane est devenu mon avenir; ce qui laisse aussi supposer que Jane n'a plus le droit de ne plus exister.



26 mai 2007

Encore cette putain de faculté de se souvenir; il aurait fallu que la sélection faite par la mémoire soit consciente pour que je puisse connaître l'apaisement de temps en temps. Je suis allé sur le monde le vrai, internet, l'endroit merveilleux qui permet de ne plus se déplacer, de violer directement sur la toile. Et cette toile maudite m'a rappelé, exactement comme cette personne que j'avais croisé dans la rue, à un état d'esprit qui pendant longtemps m'a hanté et dont j'ai fait la connerie de le coupler à une musique. Résultat, sans que je ne demande rien, la toile a balancé cette musique que j'avais écouté en boucle deux-trois années auparavant; retour à l'envoyeur, gamin de treize ans que j'étais alors, pourri de mélancolie et d'une peur horrible. A nouveau j'ai eu peur, à nouveau je me suis senti inutile, seul, gênant, et incompris. Sensations qui venaient à peine de mourir et qui renaissent quelques instants de leurs cendres "grâce" à la toile, ou plutôt grâce à cette putain de musique.



02 juin 2007
Elle me dit qu'elle adore aller sous l'eau brûlante les soirs d'hiver; l'eau heurte alors ses mains gelées; c'est douloureux mais elle ne sent pas la douleur: tous ses sens sont concentrés sur l'eau bouillante se refroidissant après avoir léché ses mains. Elle aime ça parce qu'elle change l'eau, elle pense, enfin avoir un pouvoir sur quelque chose sur cette Terre.

Si elle savait le pouvoir qu'elle a sur moi.


03 juin 2007
Elle m'a demandé comment je faisais pour l'écouter, elle qui a besoin de parler. Je lui ai dit que moi j'avais besoin de l'écouter, chacun son truc. Je suis amoureux, j'ai dis, écouter ce que tu dis, simplement écouter ta voix me rend plus amoureux. Et écouter a toujours été mon fort.


Déboires amoureux de mes parents. Les périodes de bonheur sont très courtes, ou sont-ce les conflits qui paraissent très longs; mais le problème n'est pas là; le "drame", pour eux, est que l'ennui a disparu: le poison a atteint l'organe tout entier, le couple de la racine au sommet. Je tuerai Jane avant que cela n'arrive pour nous aussi.

"Parce que c'est impossible, pour moi, de laisser cet amour de toi."

Je soulève et retire délicatement les noisettes de ma sauce pendant que mon père dit à ma mère qu'il s'en fout qu'elle ne soit pas d'accord.








06 juin 2007

Adieu l'institutrice obsédante. Je ne reviendrai plus dans ta classe, parce que quelque chose suit son cours, inévitablement; toi tu m'obsèdes toujours mais je dois quitter pour vivre.

Alors je quitte d'abord ton institution. Pour mieux me mettre en danger selon Eux, pour mieux me préserver de ta maladie selon moi, et celle de tous ces gens qui vivent de ces institutions.

Tu me manques déjà.

Je vais reverser toute ton image dans le visage de Jane; et là elle sera à la fois mon amour et ton substitut, de sorte à ce qu'elle devienne deux fois plus dangereuse pour moi.

Mais qui s'en préoccupe, hein ?

Sûrement pas toi.

Adieu institutrice obsédante.





08 juin 2007
Il fait nuit et la pluie dessine sur le pare-brise une impression au soleil couchant sur la ville et ses lumières. Les machines étalent les couleurs et disent "les bétons sont mes palettes"; partout le tempo de "Pentonville"; partout des vagues de parapluie.



10 juin 2007

Aujourd'hui alors que je suis âgé de 15 ans, je peux d'ores et déjà noter les faits qui ont amorcé la déviation de ma trajectoire. En maternelle, déjà, j'étais décidé à ne pas me faire d'identité: je n'avais pas idée de mes préférences les plus primaires, je refusais d'en avoir idée, inconsciemment, je refusais ce qui venait de ma maîtresse; et surtout je mettais le plus beau rouge à lèvre de ma mère, chaque matin, en me préparant pour l'école. Elle ne m'en a jamais empêché- jamais.

Un petit garçon aux lèvres marrons foncé.

Cela me rappelle une petite fille dont tout le monde se disputaient l'amitié, qui a disparu de ma vie en CP, et dont le nom était Marilyn Moroe. Elle se promenait dans la cour de récré avec des scoubidous bicolors qu'elle passait sur nos lèvres en nous disant que la couleur qu'on avait choisit y serait déposée. « Bleu, Jaune ou Violet ? », nous demandait-elle. On se regardait tous nos lèvres, et on se garantissait mutuellement la véracité du pouvoir de ce plastique qu'elle détenait. Nous voyions ces couleurs sur nos bouches. Elle ne se mettait jamais en colère, était toujours très calme, et je pense qu'elle m'aimait bien parce que parfois je stagnais durant de longues minutes dans une partie de ma tête ; et qu'à d'autres moments, j'étais turbulent, fantasque ; sans le son. Une folie muette; une vie épanouie dans le silence.




20 juin 2007

Je lui ai demandé ce qu'elle comptait devenir plus tard ; inspirée, elle m'a brutalement dit :

« Je serai une femme maudite, je suppose, très intelligente ; je passerai mon temps à lire, et puis un jour j'aurai lu tous les livres de cette terre, tous les livres digne d'être lus par moi ; je serai une artiste méconnue, ne recevrai jamais de prix, n'aurai aucuns diplômes ; je balaierai peut-être les débris des autres, me reconstruirai grâce à ces débris ; que m'importe d'être femme de ménage si l'on me laisse ma bibliothèque ? Tous les gens qui me feront débat mordront la poussière ; mais tu me connais, je chercherai la défaite ; je veux apprendre avant de gagner. Je veux m'empoisonner lentement dans un HLM, sans amis et sans famille ; je ne connaitrai rien du bonheur, ne définirai jamais le bonheur, parce que je ne sais pas le définir ; et si je n'arrive pas à le définir, c'est bien qu'il ne doit pas exister pour moi, non ? Je veux te perdre, Jules, car tu gâches mon mal-être ; et mon mal-être, c'est tout ce que j'ai en ce monde. J'aurai gardé le moteur de ma vie : ma douleur. Et ma douleur sera absolue. »

Elle cherche quelque chose et elle ne sait quoi, elle fuit une chose que je ne parviens pas à nommer.



J'ai laissé partir Jane. C'était hier. A ma fenêtre, elle m'a dit : « Ce soir, je pars, et personne ne me retrouvera. N'est-ce pas le plus beau rêve adolescent ? Et ne t'en fais pas, je ne me ferai pas avoir : par les autorités je veux dire, tu sais que ce ne sont que des idiots. Je crois moi, qu'il est bien dur de chercher tout un pays ; même quand c'est tout le pays qui cherche. Tandis que se cacher, on apprend ça depuis qu'on est tout petit, hein Jules ; des enfants parviennent à échapper à tout le monde pendant des heures. Tu es le seul au courant, et tu ne diras rien, tu mentiras; t'inventeras. N'espères pas me revoir. Tu dois être déçu, toi qui un jour es tombé sur une fille qui avait l'air originale; non. Je suis une tarée moi, une de plus. Je ne te dis pas Adieu, parce que là-haut non plus nous ne nous reverrons pas. Je te laisse ici ; n'espères rien pour moi, comme je n'espère rien pour toi ; tu n'es pas dupe, toi au moins, tu sais bien que cela ne se passe jamais comme on l'imagine. »



Que croit-elle ?

Qu'elle pourra échapper à ces choses qu'elle hait tant ?

Mais je n'ai rien dit, mais je n'ai rien fait, même lorsqu'elle m'a embrassé, même lorsqu'elle s'est éloigné, des billets dans les poches et une vieille couverture sous le bras ; espère-t-elle survivre avec ça ? Sa bêtise m'a empli de haine soudainement. Si personne ne la trouve, j'aurai la certitude de sa mort. Je n'ai rien dis. Plus muet qu'une tombe. En effet, quel manque cruel d'originalité.

Non elle ne sait pas ce qu'elle veut ; mais pour ma part je sais : c'est elle que je veux !

Je crois qu'elle a raison ; je ne la reverrai plus.

Elle est partie mourir, en plein été.

Quel cliché de littérature.



23 juin 2007
« Ces fils de sucre ondulants à la surface du sirop ; et au fond du verre, lourd comme de l'huile, cet amas de pourpre coagule. »

Mes pensées sont en train de m'éteindre à petits feux. Je la hais d'amour. Je ne pense plus à vivre, je pense à ce que la mort nous réserve à tous les deux parce que Jane est partie mourir et que c'est tellement ridicule, mais moi, sans Jane...

Et je reste avec tous ces corps qui bougent dans tous les sens. La police est venue interroger les élèves du village, de la classe. Moi en premier. Les professeurs qui ne sont pas partis en vacances ont dit à ces messieurs que j'avais un « rapport particulier avec la disparue ». Ils m'ont sortis tous les clichés de ces téléfilms à deux balles, diffusés par le service public: As-tu rompu avec elle ? T'a-t-elle dit quoique ce soit? Vous vous êtes disputés ? ; ils pensaient tomber sur un meurtrier peut-être ? Non, c'est elle qui m'a tué. Elle a fuit, lâchement, salement, et très connement ; je la hais. Je ne pourrai jamais haïr personne autant que je la hais elle. Elle pense que je ne dirai rien ; non, en effet je n'ai rien dit, mais ce journal parle beaucoup, bien trop ; et je leur ai trop menti pour qu'ils me croient, qu'ils ne remarquent rien ; non qu'ils essaieront vraiment de savoir quelques vérités. Et puis de quoi devrais-je avoir peur ? Au pire, je ne cours que la peine d'un faux-témoignage, et peu importe cette peine qui ne sera jamais l'ombre de celle que j'endure. Je n'ai plus rien à foutre de tout.

Jane n'a pas pris son portable avec elle. Bien joué. Ils ont fait des fouilles dans sa chambre, à la recherche d'une adresse, d'un numéro, d'un signe de dieu. Moi je sais qu'elle est partie pour un lieu qui n'a pas d'adresse ; la pauvre petite court à sa perte. Et moi, comme un con, qui ne parviens plus à résister à la blessure, celle furtive comme une angoisse, et qui capitule et me raccroche à mes habitudes, je cours à ma perte aussi.

Jane avait un journal intime ; dedans elle dit des choses, des trucs, des machins qui ne veulent rien dire ; elle passe aux yeux de tous pour une adolescente sans histoire. Bien joué. Je la leur décris comme une fille banale, sans intérêt ; ils me regardent avec mépris, par instinct, et je me fous de leurs gueules à un point dont je ne me serais jamais cru capable. Je me sens l'inverse de ce que j'ai toujours été jusqu'à il y a peu de temps. Cela aurait pu faire tilt chez tout le monde de me voir si vulgaire et sans c½ur soudain mais personne ne me voit et ne m'a jamais vu. Je suis un vieux meuble qui n'émerveille plus personne et dans lequel les araignées tissent des pensées d'ennui et de désespoir.

S'ils fouillent chez moi, je les laisserai lire Ceci. Et ils n'en tireront rien. Et ils s'énerveront. Peut-être qu'ils me frapperont, je l'espère, pour que je puisse en rire, beaucoup ; voilà une chose qui me ferait du bien.

Je suis plus seul que Jane en ce moment. Tout le monde pense à elle, moi compris. Et je suis celui que la solitude va tuer.



28 juin 2007

Oh my lady héroïne, ces filets de sucre ondulants à la surface du sirop, ces cotons imbibés d'eau à la mémoire d'une neige enfuie, ces reflets lunaires sur la buée dense; ces colossales et sombres nuages: ce sont eux, les Rois du ciel...



Ils m'ont encore posé des questions ; à chacune de leur suppositions, j'ai fais ce que tu voulais ; j'ai ri et j'ai menti comme un dieu. Ils n'ont rien compris., n'ont pas vraiment cherché à comprendre. Un millier d'eux ne te vaut pas ; c'est vrai, c'est bien vrai : comment pourraient-ils t'avoir ? Ainsi donc, tu vas mourir.

Ta photo a orné les journaux de la région. J'ai soupiré: « Si tard ! », sarcastique ; quelle bande de cons. Ils ne te retrouveront jamais. Ils ont dit à tout le monde qu'il avait fallu attendre une semaine car c'était une fugue, pas un enlèvement. Pas de chance. Un enlèvement, et tu serais passée à la télé. Ils ont quand même soupçonné tes parents de je ne sais quoi, car ils étaient là, chez toi quand tu es partie. Moi, tes parents, je ne les ai pas consolés. Et moi, personne ne m'a consolé, car tout le monde me méprise aujourd'hui : le bruit dit partout que je me fous de ta disparition. C'est tellement drôle, vraiment ! Tu rirais tant si tu étais là, avec moi ; tant et tant, tu t'étoufferais à les voir tous, pleurer et gémir de ta disparition ; tu verrais tous ces gens qui ne te regardaient pas, ces gens qui ne savent rien de toi, jouer de leurs grimaces, de leurs semi-larmes d'angoisse et de leur compassion à qui mieux mieux à ton sujet ; tu rirais...Puis je te frapperais de rire de cette laideur du monde qui donne envie de tuer; je te frapperais et tu saignerais dans ton rire. C'est tellement triste... Je vais mourir de ce spectacle que tu m'as donné en échange de mon amour ; ce spectacle qui me met dans le rôle du méchant et eux dans le rôle des gentils.

Non, j'espère que tu as raison, même si tu m'as dis de ne pas espérer ; j'espère que tu ne reviendras pas. Autrement je te frapperais, Jane. Je te cognerais tant que tu en serais défigurée.



11 juillet 2007

L'engouement n'a pas duré bien longtemps ; tu n'auras fait que trois articles dans la presse. Les gens me regardent comme avant, c'est-à-dire qu'ils ne me regardent pas. Ils ont oublié leur mépris pour moi, leur compassion pour toi ; seuls tes parents pleurent encore, espèrent encore. Cette descente d'adrénaline aura été rapide. J'observe cette foule humaine qui discute de tout sauf de toi ; il y a encore deux ou trois affiches de ton visage dans les rues, sur une porte, une fenêtre, à la mairie, à l'église ; je ne sais plus à quoi elles servent. Tu es partout, mais personne ne te voit.

Les gens, déjà, te considèrent comme morte. Je me souviens, Jane, t'en souviens-tu toi aussi : ç'a été le même schéma pour cette fille qui est morte du cancer. Une messe et deux semaines plus tard, les affiches pourrissaient sous la pluie.

Durant les premiers jours je ne faisais pas un pas sans entendre de tous côtés des louanges à ton sujet ; combien tu étais belle, intelligente et plein d'avenir ; combien tu avais gâché ta vie. J'ai bien sûr entendu que tes parents te battaient, que tu te droguais, que ton père était alcoolique. Tout le monde savait exactement pourquoi et comment tu avais fugué ; certains disaient que tu étais partie avec ton walkman seulement, d'autres que tu avais pris telle ou telle direction, suivis telle ou telle route. D'autres encore disaient qu'ils avaient vu, le soir de ta fugue, quelqu'un sur le pont qui relie le village à la grande ville, avec deux sacs, qui regardait le fleuve.

Mais depuis le début de cette semaine les gens sont à court d'inspiration ; ton histoire n'agite plus les coeurs, ne délie plus les langues, n'excite plus personne. Ils passent tous sans réaction devant toi, enseignants, élèves, retraités ou employés; devant ton visage de vierge marie cynique; ils ne te voient déjà plus. Ton nom fait partie du décor, ces affiches sont comme les graffitis usés par le temps qui trônent sur les murs sans que plus personne ne les remarquent. Oui, tes affiches ont fait le même parcours que ces graffitis : le proviseur aurait d'abord visité les classes pour en dire deux mots ; tout le monde auraient ensuite parlé de ça, les élèves se seraient excités de ça; puis tout le monde aurait tout oublié.

Tu es devenu un tag. Un misérable tag...

Ils t'ont oublié, Jane ! Je suis le seul encore à m'abîmer pour toi, à être celui qui pleure, qui meurt de ne plus te voir, me déguisant en Jules, en celui que tu voyais déambulait dans la cour sans envie, autrefois, avec Pierre.

Pitié, donnez-moi autre chose, pour mes poumons, mes nerfs, mes yeux et mon coeur... Défaites-moi !



15 juillet 2007

J'ai juste besoin de boire, maintenant.
La tête baisée par Jane ou par l'alcool, il faut choisir.
Je suis sur une putain de corde raide.
Boire au goulot d'une vie crapuleuse; me salir de cet alcool, m'emplir de crasse jusqu'à la gorge, me gonfler le coeur de cet alcool comme se gonfle ue éponge et tendre plus encore cette corde raide sur laquelle j'agonise.
Jouer à n'être, pour mieux faire semblant d'être celui que l'on me croit camper.
Puis perdre
Inévitablement
Toute estime de moi, toutes notions du temps, tous contacts avec ce qui se passe à l'extérieur de mes organes
Passer ma vie à faire l'Orgie qui me délivrera, la subtile combinaison de l'intellect avec le coeur, le cul, l'alcool- encore.
Mais cette orgie n'existe pas.
"Et tu te bousillera la tête sur le pavé garçon, baisé comme tant d'autres soldats dans cette guerre interminable."
Maudit.
Patiente encore. Bientôt la phase terminale.
Je suis sur une putain de corde raide.





19 juillet 2007

Voler impunément un enjoliveur, shooter les réverbères pour tuer leur lumières, régner en maîtres, debout sur les voitures, parler des cratères de la lune, déambuler sous la nuit au milieu de la route, avoir des ronces plein les mains, et ne se souvenir de rien...



Pierre reste constamment avec moi. Il est le seul à ne pas croire à mon non-intérêt pour toi. Je lui commande de demeurer près de moi, nuit et jour, sans dormir. Chaque nuit, la même chose : je sors par ma fenêtre, là où tu étais venue cogner, et je le rejoins lui qui m'attend contre le mur de derrière chez moi. Nous allons dans les champs voisins, traversons des ravins plein de boue, nous écorchons les doigts. Nous entrons chez des gens qui ont la bêtise de dormir, et nous nous baignons dans leurs piscines, mangeons leurs cerises. Quand je le lui demande Pierre apporte du vin, du scotch. Et nous nous soûlons. Je regarde cette ville pourrie, de l'autre côté du champ ; le clocher minable de notre église minable ; les platanes malades qui traînent sur le bords des routes. Et je pleure. Et je m'emmerde moi-même de m'entendre dire ce que je dis et ce que je pense. Je ne sers plus à rien.



22 juillet 2007

Je commençais à m'habituer à cette vie qui s'éteignait dans une douleur tranquille, mais t'as tout ravivé, t'as débarqué et t'as arraché d'un coup d'un seul les croûtes de ces plaies qui cicatrisaient.



27 juillet 2007

De plus en plus, j'ai envie de tout casser. La nuit dernière, alors que Pierre ne me surveillait pas, j'ai lancé une caillasse dans la vitre d'une voiture ; l'alarme s'est déclenchée, alors nous avons couru. Au bout de je ne sais combien de pâté de maison, nous avons ralenti. Calmé, Pierre ne m'a rien dit. Je l'ai vu déglutir, regarder le ciel. Il était triste. En le regardant bien je l'ai vu, j'ai vu qu'il était triste, désabusé. Il m'a alors fixé, adossé contre le mur, essoufflé, le visage résigné, douloureux. Je lui ai souris, et mon sourire s'est fondu en grimace ; mes yeux sont devenus troubles encore une fois ; rien ne pouvait m'enterrer plus : ta disparition doublée de la tristesse de Pierre face à moi. Je me suis recroquevillé comme un chien, j'ai pris mon visage entre mes mains pleines de terre, et j'ai pétris mon crâne comme un débile. Je pleurais maladroitement, comme toi tu pleurais parfois ; un puissant gèle venu de je ne sais où étourdissait mon c½ur, mon estomac se tordait, le souffle me manquait ; bavant, gémissant, je sentais mes oreilles brûler et mes veines se gonfler. Je laissais échapper de moi une voix douloureuse, qui a eu le don d'exciter encore plus mes sanglots. Pierre s'est agenouillé près de moi et m'a entouré de ses bras ; il a posé sa tête sur mon dos et il est resté jusqu'à ce que je me calme.

Le drame est que je ne pourrai plus me calmer.

Je te hais pour cette douleur que tu n'as pas prise avec toi.



15 août 2007

Je ne réfléchis plus sur rien, ne me pose plus de question. Je sens que l'heure de ma mort approche. Je sens, irrésistiblement, que tu ne vis plus qu'en moi. Je peux mourir, là est ma chance : je n'ai pas d'honneur, pas d'amour propre à protéger. Tu m'as entraîné dans ta chute ; c'a été rapide et efficace, je n'attendrai pas un an pour succomber.

Tu sais, Toi, que mon âme ne tolère pas un gaspillage.

# Posté le dimanche 22 mars 2009 11:20

Modifié le mardi 20 octobre 2009 12:15

ROLES ET PARADOXE

Matière d'essai :

Les hommes sont devants, les femmes derrière; mais le danger est partout.
Les hommes supportent mal que les femmes soient leur égal: celles qui le sont leur font peur. C'est de là que découle notament le fait qu'un homme ne saurait trop aimer une femme plus intelligente que lui, et une femme, un homme plus sot qu'elle. Malgré ces différends en chaque homme une femme et en chaque femme un homme.
Seulement les rôles de chacun ont si bien été définis* durant des siècles qu'il faudra longtemps avant d'intégrer cette idée.
L'homme a toujours réduit l'homme à des rôles, et freine ainsi depuis toujours son évolution.
Vous êtes humains ? Vous serez donc tour à tour satisfaits et insatisfaits, sans jamais trouver de compromis.
Le génie est lu par une majorité d'idiots et d'idiots déguisés en génies.
C'est justement une chose que j'ai rarement faite, me donner un emploi, me donner un rôle. Lorsque j'écris je ne me prend pas pour un écrivain, ni pour un poète; j'écris parce que j'en ai l'impérieuse envie.
L'insécurité est une des habiles mesures prises par nos sociétés: elle a été créé dans l'unique but d'engendrer chez l'être humain le besoin de se définir sans cesse, de se trouver une place, et de se ranger. Son esprit est ainsi plus manipulable.
Le Tout est de ne pas s'enfermer dans des règles, ni dans des rôles. Et ceci n'est pas une règle à suivre, c'est ce qui devrait être une caractéristique de notre existence, inévitable, instinctive.
Le caractère humain est la base de tout: fondé sur le doute, il bascule, à l'instinct, d'un extrême à l'autre, cultive de nature l'instabilité; il est la capacité de l'être humain à évoluer, régresser, changer, s'adapter, dans plus ou moins de délais.
"Le meilleur possible" est impossible puisque les règles établies par l'homme sur le bien et le mal sont absurdités: elles n'existent pas.
Etant donné qu'on peut changer à tout moment de vision du monde notre nature est modulable à l'infini, proprement indéfinissable.
Lorsque l'homme aura la Vérité absolue ce sera la fin de l'homme et certainement le commencement d'une chose contraire.
Le principe absolu du Paradoxe:
Le paradoxe régit ce monde, l'humain en particulier. Nous ne sommes ni tout blanc, ni tout noir, ni majoritairement blanc, ni majoritairement noir. Nous sommes les deux, à égale mesure. L'homme adulé est le plus seul, l'homme détesté par tout le monde est profondément aimé par une personne, tout change et ne change pas à la fois. C'est le subtil Equilibre du chaos de notre monde; et cet équilibre doit être maintenu.


*Définir c'est réduire à.


Tais-toi mon coeur !
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# Posté le dimanche 12 avril 2009 11:41

Modifié le vendredi 08 mai 2009 11:05

ETYMO

ETYMO
ETYMO

Germe la solitude et je redeviens
L'enfant qui ne sait pas l'"Aimer"
Qui n'en manque pas
Ne sait le chagrin que c'est
que d'en manquer
Germe la solitude
L'habitude de gêner
Les foules et leurs mains
Partout, qui se nouent.
Malgré les fuites
Les amitiés se font, c'est un fait
Que celui qui régit n'ignore pas
On sait
Que l'enfant ne sait ce qu'est l'"Aimer"
Tant que leçon n'est faite.
Germe la solitude
Germe
Ma vie dans un monde hostile
Où les mains, liées entre elles, se marient,
Se défont, et s'oublient.
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# Posté le vendredi 17 avril 2009 13:01

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 15:38

LA PUTE ET LE JUIF

LA PUTE ET LE JUIF


Une putain polonaise tentait comme elle pouvait de consoler un SS de son impuissance. Ils avaient préféré (ou plutôt il avait préféré) besogner ailleurs que dans le bordel du camp prévu à cet effet, ne voulant pas, certainement, risquer de se ridiculiser peut-être devant les autres putains, kapos et SS, qui ce soir-là devaient être, comme tous les soirs, nombreux dans le Block-bordel.
Tous deux s'étaient donc réfugié, à sa demande à lui, dans un reculé hangard, éloigné de quelques mètres seulement des autres blocks, mais leur promettant la solitude.
Seulement, c'était la panne et la putain avait beau répéter au SS qu'elle avait l'habitude, celui-ci s'enfermait dans le silence un peu plus chaque seconde.
Ils étaient tous deux assis sur la paille. Elle avait les cheveux détachés, le haut de sa robe sur les hanches. Serrant ses genoux, elle répéta encore une fois:
-Ca fait rien, retrouve-moi demain, tu seras plus en forme.
Il finit par marmonner:
-Ferme-la, sale pute. Tu sais même pas faire ton métier, tu sers à rien.
Sur ces mots il se leva, referma sa braguette, et sortit sans rien ajouter.
La putain soupira. Elle savait que les SS devait par profession avoir les egos et les fiertés les plus inébranlables; ils ne pourraient pas exercer leur métier s'il en été autrement; elle ne s'étonnait donc pas d'être traité de cette manière.
Pourtant, il fut un temps où elle était respectée comme l'une des plus belles créatures de Varsovie. Cette putain-là, ce n'était pas n'importe quelle fille de joie; c'était une pute de luxe, ni plus ni moins, une des plus convoitée, et le fait qu'elle ait été expédié dans ce foutu camp par les autorités polonaises montrait bien, en tout cas, que ces messieurs ne manquaient pas de goût.
Elle était extrêmement bien payé, certes, peut-être même mieux qu'avant, mais les conditions de travail étaient déplorables; avant, tout n'était qu'hôtels 5 étoiles, gentlemen, réceptions, bijoux; aujourd'hui seules restaient les étoiles, de ça elle en voyait partout; mais elles n'avaient désormais plus la même signification. Sans parler des gentlemen, qui s'étaient transformés en brutes, insatisfaits, toujours, et associables.
Oui, elle avait été admiré, et par des hommes autrement grands, nobles et riches que les SS ou les Kapos du camp.
Néanmoins elle continuait à s'habiller, se maquiller et se coiffer comme elle le faisait auparavant lorsque son existence n'était que soirées mondaines; nombreuses étaient les putains qui avaient sombré dans la négligence une fois dans l'atmosphère du camp, dans l'usure qu'était cette atmosphère; mais elle, non. Elle continuait à être la plus belle, à être, encore et toujours, digne des plus grands princes.
Elle avait gardé ses cheveux blonds, mi-longs, soyeux à l'extrême; elle avait gardé sa peau douce et blanche; elle avait gardé ses ongles propres et vernis; sa bouche rouge toujours, et des yeux jamais fatigués, jamais cernés, toujours maquillés de la façon la plus noble. Elle était l'élégance et la grâce même, toujours de robes de soie et de fourrures vêtue; c'était, avant d'être une putain, une femme distinguée, classe, pleine de raffinement et de savoir-vivre.
Elle se rattacha les cheveux, remonta les bretelles de robe et se releva de la paille. Elle alla jeter un coup d'oeil à l'extérieur du hangard, par la mince ouverture de l'immense porte en bois. En voyant la neige tourbilloner encore au-dehors, la nuit toujours glaciale et le block-bordel toujours éclairé, elle sentit en elle l'impérieux besoin de rester seule, de s'allonger encore quelques heures sur cette paille, loin des kapos et des putes qui faisaient depuis un an l'abominable quotidien dont elle souffrait.

Elle s'allongea, ferma les yeux et rêva à son ancienne vie.
Une demi-heure passa sans qu'il n'y eut d'autres bruits dans le hangard que le sifflement du vent.
Brutalement elle ouvrit les yeux; elle s'assit sans bruit, croyant avoir entendu un grincement. La porte n'avait pas bougé. Elle se rallongea, en silence.
Un second grincement se fit entendre. Cette fois-ci elle s'assit et tendit l'oreille, cherchant à savoir d'où il provenait; elle craignait plus que tout que se fut un rat, comme il y en avait tant dans ce camp. Elle entendit un craquement, un craquement qui semblait provenir de la mezzanine, des poutres du plafond. Les yeux levés, elle scrutait le bois. Soudain elle perçut une forme qui se mouvait dans l'ombre. Un rayon de lumière bleue échappé de l'entrebaillement de la porte éclairait à peine la pièce. Puis elle vit distinctement un bras entourer la poutre.
Elle se plaqua une main sur la bouche, empêchant un cri d'en sortir. Elle se cacha discrètement derrière plusieurs bottes de paille, de sorte qu'elle put voir sans qu'on ne la vit.
Au premier bras se rajouta rapidemment un deuxième, et, de ses deux membres fermement accrochés, pendit un long corps, vêtu d'une chemise à rayures, ouverte sur un buste décharné et abîmé, et d'un pantalon assortis, trop court.
La tête de ce corps demeurait invisible à la putain, mais elle ne devina pas moins la partielle identité de l'individu. Les pieds nageaient doucement dans le vide, à tâton, et les bras relâchaient un peu plus la poutre chaque seconde, se déroulant doucement afin que les pieds se rapprochent un peu plus du sol; même s'il fallait constater qu'il restait encore deux mètres d'écart.
Puis dans un bruit sourd le corps se laissa lourdement tomber sur la paille.
La pute n'entendit plus rien. Stupéfaite, elle contourna les bottes de paille, et s'approcha à trois mètres de l'homme , puis resta immobile, sur ses talons aiguilles, à regarder ce corps inerte tombé du ciel.
L'homme se releva péniblement, s'étira, gémit un peu, puis se retourna et vit la pute. Ils restèrent figés, ensemble, à se scruter.
Silence.
-Ca fait longtemps que vous êtes là ? finit-elle par demander.
Aussitôt l'homme se laissa tomber sur les genoux, collant son index sur sa bouche, la pressant d'un "chut" et s'approchant d'elle, toujours sur les genoux, insistant encore : "chut"; tandis qu'elle baissait la voix, perplexe, lui disant:
-Mais qui voulez-vous qui nous entende ici, avec ce vent ?
Il répéta une fois encore, l'index toujours à sa bouche: "chut", puis finit par aplatir son front aux pieds de la jeune femme, les mains jointes au-dessus de sa tête en guise de prière.
La putain le regardait, surprise, gênée, hésitante; elle lui chuchota finalement:
-Ne soyez pas ridicule, je... je me tairai...
Il gardait ses mains jointes, le front toujours à terre. Quelque chose semblait renaître en elle dans la vue d'un homme si démuni; sa fierté se défroissait les ailes, reprenait de la hauteur; son port de tête redevenait altier, sensiblement. Elle finit par dire, d'un ton hostile:
-Tu ne devrais pas être là.
L'homme comprit tout, tout de suite: le changement soudain du comportement de cette femme, la phrase qu'elle venait de prononcer et comment elle l'avait prononcé. Quand tout à l'heure il pensait l'attendrir, obtenir d'elle qu'elle s'en aille sans demander plus, il réalisa que la barbarie des kapos devenait peu à peu la barbarie de tout un peuple, putes comprises, et reconnut bien là tout l'accent que prenait la voix des kapos lorsqu'ils s'apprêtaient à punir...
Elle avait envie de s'octroyer à nouveau le rôle du bourreau; elle manquait d'estime. Alors il décolla son front de terre, leva les yeux à elle, et la regarda d'un air intrigué. Elle se sentit insultée d'un tel regard; elle lui dit, dédaigneuse:
-Je veux que tu me dises "Jawohl" à chacune de tes réponses. Pour les commencer, et pour les finir. Es-tu juif ?
-Jawohl. Non. Jawohl.
-Menteur.
Et elle le gifla.
-Tu as peut-être arraché l'étoile de ta poitrine, mais les coutures n'en restent pas moins visibles, ajouta-t-elle.
Il ne répondit rien.
-Depuis combien de temps es-tu perché là-haut ?
-Jawohl. Trois semaines. Jawohl.
Elle le gifla à nouveau.
-Mais... se mit-il à balbutier, je n'ai pas menti !
Elle le gifla encore, plus fort, avant d'enrager:
-Non seulement tu viens de m'avouer sans vergogne que tu avais menti tout à l'heure, mais en plus tu viens de bafouer la règle que je venais d'établir une minute auparavant !
Il se frottait la joue, confus.
-Jawohl. J'oublie vite les règles qui n'ont pas... beaucoup d'utilité. Jawohl, s'empressa-t-il d'ajouter.
Elle leva la main, puis se ravisa, demandant :
-Et quelle règle, selon toi, est utile ? Gare à ce que tu dis.
-Jawohl, réfléchit-il. Arbeit Macht Frei ? prononça-t-il maladroit et hésitant, pensant que peut-être il valait mieux sortir une devise toute allemande. Jawohl.
Elle le gifla.
-Le travail rend libre ?? Jamais entendu devise aussi conne. Il n'y a décidément que les juifs pour croire à pareilles sornettes, ajouta-t-elle, les larmes aux yeux. Tu n'as donc plus du tout d'amour-propre? Le travail rend libre... Tu oses ! Tu oses choisir cette devise !! hurla-t-elle, le visage plein de larmes.
L'homme ne savait plus que penser; il attendit, ne voyant que faire d'autre.
Elle le fixa un instant, puis reprit:
-Tu n'as plus d''honneur du tout, hein ? Dis-le moi, fit-elle tout à coup, dis-moi que tu n'as plus d'honneur à protéger.
-Je n'ai plus d'honneur à protéger.
Silence. La putain le regarda douloureusement, incrédule, ne parvenant pas à comprendre et ne voulant pas comprendre à la fois ce qui avait pu réduire à néant la fierté de cet homme.
-Je te gifle, reprit-elle en hurlant, et toi, vermine chez les vermines, tu n'agis en rien, tu restes impuissant !! Soumis, et misérable !! Tu te laisses faire tel un chien insignifiant et docile... Laisse-moi te dire... Laisse-moi te dire qu'aujourd'hui tu n'es rien de plus qu'une pute !
Et elle pleura, le visage dans ses mains.
-Tu n'es plus rien... murmura-t-elle encore d'une voix blanche; la putain s'étendit sur le sol, pleurant toujours ses rêves enfuis.
L'homme la prit par les épaules et la serra contre lui: "chut..."
Le lendemain elle partit, lui promettant de ne rien dire à personne.
Il fut découvert par les kapos cinq semaines plus tard, et executé le jour même en tant qu'exemple devant tout ses semblables.

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# Posté le samedi 25 avril 2009 15:47

Modifié le lundi 06 juillet 2009 04:54

HOURRA POUR LE 21ème SIECLE

Chaque petit doux mensonge qui vous ont toujours été murmuré deviennent vrais
Pas besoin d'éveiller le sommeil des chiens, quand ils vous tournent autour
Je ferai mon chemin au lieu de rester au pied de votre tour d'ivoire
Mais quel amour puis-je trouver dans les feuilles et les fleurs fanées ?

Qu'est devenu l'amour que nous savions ?
Lance ton coup de poing, Oeil au beurre noir
Toi et moi, moi et toi
Qu'est devenu l'amour que nous savions ?
Qu'est devenu l'amour que nous savions ?

Les Thames et les Mersey, les Tyne et les Wye et les Clydes,
Ils crachent des bidonvilles comme de la sauce sur les rives de la marée toxique
Ils ont souillé une pâle jeune fille, mince, seule dans sa tour d'ivoire
Ecorchant sa peau avec des épines qui poussent dans les vapeurs de fleurs sauvages

Qu'est devenu l'amour que nous savions ?
Lance ton coup de poing, Oeil au beurre noir
Toi et moi, moi et toi
Qu'est devenu l'amour que nous savions ?
Qu'est devenu le travail des petites classes ?
Nikey, Reebok. Adidas,
Billets à gratter, Tipples, Ecstacy
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle

Vivre dans un miroir
Telle la beauté de la vie qui y passe
Vous devenez vieux
Vous devenez tellement vieux
Votre peau, si froide !

Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle
Hourra pour le XXIe siècle (on y va les gars?)
Hourra pour le XXIe siècle (putain d'enculés)
Hourra pour le XXIe siècle (putain d'enculés, mec)
Hourra pour le XXIe siècle (putain....)
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# Posté le dimanche 26 avril 2009 13:29

Modifié le lundi 05 octobre 2009 12:03

BLOCK-BORDEL

BLOCK-BORDEL
BLOCK-BORDEL
(inspiré de la nouvelle La Pute et le Juif)


Elle s'endort dans la soie blonde
La neige, le vent, gèle et fige le monde
Urbi, Orbi, tout autour d'elle,
Des putes, kapos & block-bordel

Sacré chaos dans le coeur de la putain
Secouée de coups, secoue ses reins,
Varsovie lui tendait les bras
Le bâtard lui défait les bas
Que sont devenus les gentlemen ?
Qui sont ces gens qui la démènent ?

Urbi, Orbi, tout autour d'elle, un blizzard
Elle part, en elle, lovée dans ce hangard
Elle s'envole dans des songes heureux
Un corp décharné lui tombe des cieux

Sacré chaos dans le coeur de la putain
Beau bordel que l'esprit de la belle
Elle veut
Elle veut

Elle veut fuir ces rêves de Varsovie
Qu'un beau matin on lui déroba
Le bordel qu'est devenu sa vie
Ce bâtard qui lui défait les bas

Beau bordel que l'esprit de la belle
Beau bordel que l'esprit de la belle

Elle veut se noyer dans le rêve et l'alcool
<<Je veux que tu me dise "Jawohl",
Fais-moi revenir à mon ancienne vie
Fais-moi revenir à mon ancienne vie
Sert-moi un bock, que j'oublie ce block,
Sert-moi serre-moi serre ma peine,
Fais-toi Roi et fais-moi Reine,
Toi semblable à moi, tombé du ciel>>
Beau bordel que l'esprit de la belle

Beau bordel que l'esprit de la belle.
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# Posté le dimanche 26 avril 2009 14:33

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 15:36

Coquelicots and Co

Coquelicots and Co
Coquelicots and Co

Froisser sous mes doigts
Vos robes légères et frêles
D'un noir dense et pénétrant maquillées;
Vos voiles, pourpres et saignants;
Boutons de manchette clinquants
D'or; dentelle verte qui distille
Des perles, et broderie d'épines,
Que vos tiges ont toujours soutenu,
Et que je soutiens là de mes doigts nus.
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# Posté le mardi 28 avril 2009 13:04

Modifié le mercredi 29 avril 2009 13:32

BEUVERIE MINEURE

BEUVERIE MINEURE
BEUVERIE MINEURE

La route est pleine
Beuverie urbaine
Les parkings sont jeunes
Beuverie mineure
Les prés sont de fleurs remplis
Beuverie fleurie
Pommiers, cerisiers, hêtres
Beuverie champêtre
Les libellules se nuent dans la nuit
Beuverie rêveuse
Et la nuit est métallique
Beuverie cynique.
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# Posté le mardi 28 avril 2009 13:15

Modifié le mercredi 19 août 2009 08:27

JULIEN S.

JULIEN S.
JULIEN S.

De si doux moments
Auprès de mon amour
Dureront-ils toujours
Aussi profondément ?

Légende dorée, légende noire
Déchirez mon esprit d'ambitieux
Sublimez ma vie, comblez mes voeux
"-Il faut être à la hauteur
De sa destinée"

"C'est une jeune fille de seize ans
Qui a le teint parfait
Qui de rouge le défait
Pour le bal de printemps"

Légende rouge, légende noire,
Déchirez mon orgueil d'ambitieux
Retrouverai-je un soir
Ce que j'ai quitté, laissé au fond du verger
Pour tes beaux yeux
Destinée:

Cet amour, dont j'ai cessé de goûter la bouche
Pour finir en ton sein, Destinée.
"C'est une jeune fille de seize ans qui de rouge
Pourrit ses couleurs et son teint parfait."

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# Posté le mercredi 29 avril 2009 11:29

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 15:40

SERIE BORDERLINE

SERIE BORDERLINE
LYRISME D'UN BORDERLINE

Miroir Miroir, ô mon ennemi, les autres mon putain d'enfer, Eux Deux le tout premier Domino, moi le tout et sn contraire qui cohabite. Bloqué dans le bordel humain. Cesser le désespoir mais vivre, quand vivre est désespoir. Eux. Insoutenables leurs insultes, insoutenables mes blessures. Tu ne peux décider de ta vie, mais tu peux décider de ta mort. Putain d'ironie blessante et insultante, tu me déchires...
Je suis le soldat d'une guerre interminable
Bataille perdue
Tranchée ma vie
Les autres mon putain d'enfer sans issue...
Mémoire mémoire ô mon témoin amer, les autres mon putain d'ennui.

LES EPOUX BORDERLINES ou LE SUICIDE DES EPOUX

J'ai épousé ton coeur jusqu'à la tombe. Nous ne sommes plus que deux fragilités [Oh, beaucoup dans ce moment !] Nous étions les amants de l'aube qui parlaient aux roses J'ai épuisé ton coeur pour qu'il succombe Je t'étais supérieur, puis tu m'étais supérieure
Nous sommes vidés de nos organes, plus capables d'aucuns sentiments Dépareillés, Des horloges Nos nuits sont devenus mécaniques Mémoire mémoire, ô témoin amer défait nos souvenirs de coeurs séquestrés, de nuits cyniques, métalliques. Mélancolie d'alcooli-ques. A l'envers nos vies de pantins désossés Passées, nos vies à rapiécer le chaos de nos partages Nous ne pouvons plus recoudre il nous faut nous résoudre
Se résigner... Je sens mes veines, le réseaux encore vivant, des résidus électriques dans mon sang à demi-mort, résistant encore
A nos coeurs Borderlines, dépareillés, amants de la nuit
Mémoire j'abolis, miroir j'abolis, mourir j'abolis
A nos coeurs Borderlines

Post-Scritum :
J'ai apaisé ton coeur avant qu'il ne sombre
J'ai épousé ton coeur jusqu'à la tombe
J'ai épuisé ton coeur pour qu'il succombe.
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# Posté le jeudi 30 avril 2009 08:15

Modifié le vendredi 01 mai 2009 04:46